| áÒÈÉ× RPG-ÍÁÔÅÒÉÁÌÏ× × îÏ×ÏÓÉÂÉÒÓËÅ âÏÌÅÅ 20 ÌÅÔ ÏÎÌÁÊÎ |
| ðÁÍÑÔÉ üÒÌÁ | ìÅÎÔÁ | îÏ×ÏÓÔÉ | ôÅËÓÔÙ | æÏÔÏÇÒÁÆÉÉ | ðÅÓÎÉ | ðÏÄËÁÓÔÙ | òÁÓÐÉÓÁÎÉÅ ÉÇÒ | íÁÓÔÅÒÕ | èÏÓÔÉÎÇ | æÏÒÕÍÙ | óÓÙÌËÉ |
88 Le soupirant recompense (ÐÏÄÓÔÒ. í. ìÏÂÁÎÏ×Á)
LE SOUPIRANT R╔COMPENS╔
÷ïúîáçòáöäåîîùê ÷ïúäùèáôåìø
ou Les malheurs d'une fille
ÉÌÉ ÓÔÒÁÄÁÎÉÑ ÐÏ ÄÅ×ÕÛËÅ
1
Ah pourquoi vouloir
á, ËÁË ÖÅÌÁÔØ,
Qu'une personne chante
ÞÔÏÂÙ ÞÅÌÏ×ÅË ÐÅÌ,
Lorsqu'elle n'a pas
ðÏËÁ
Son cøur en libertÝ ?
ÅÇÏ ÓÅÒÄÃÅ ÎÅ ÎÁ Ó×ÏÂÏÄÅ?
Laissez chanter
ðÕÓÔØ ÐÏÀÔ
Ceux que l'amour contente
ôÅ, ËÏÇÏ ÌÀÂÏר ÕÓÔÒÁÉ×ÁÅÔ
Et laissez moi
é ÄÁÊÔÅ ÍÎÅ
Dans mon malheur pleurer !
ÐÌÁËÁÔØ × ÍÏ¸Í ÎÅÓÞÁÓÔØÅ!
2
Pleurez mes yeux
ðÌÁÞØÔÅ ÍÏÉ ÇÌÁÚÁ
Pleurez mon sort funeste :
ðÌÁÞØÔÅ Ï ÍÏÅÊ ÇÉÂÅÌØÎÏÊ ÓÕÄØÂÅ:
J'ai tout perdu
ñ ×Ó¸ ÐÏÔÅÒÑÌ
En perdant mon Iris.
ðÏÔÅÒÑ× ÍÏÀ éÒÉÓ.
Cruel destin,
öÅÓÔÏËÁÑ ÓÕÄØÂÁ
Prenez ce qu'il me reste,
úÁÂÅÒÉÔÅ ×ÓÅ, ÞÔÏ Õ ÍÅÎÑ ÏÓÔÁÌÏÓØ
Ou rendez moi
éÌÉ ×ÅÒÎÉÔÅ ÍÎÅ
Ce que vous m'avez pris.
ôÏ, ÞÔÏ ×Ù Õ ÍÅÎÑ ÚÁÂÒÁÌÉ.
3
Tous les tÝmoins
÷ÓÅ Ó×ÉÄÅÔÅÌÉ
De mon cruel martyr
íÏÉÈ ÖÅÓÔÏËÉÈ ÓÔÒÁÄÁÎÉÊ
Ce sont les bois,
üÔÏ ÌÅÓÁ
Les oiseaux d'alentour
é ÏËÒÅÓÔÎÙÅ ÐÔÉÃÙ
Et les Ýchos
é ÜÈÏ
Qui ne cessent de dire :
ÇÏ×ÏÒÉÔ ÎÅ ÐÅÒÅÓÔÁ×ÁÑ
Je plains ton sort
ñ ÐÌÁÞÕ Ï Ô×ÏÅÊ ÓÕÄØÂÅ
Malheureux en amour.
îÅÓÞÁÓÔÎÙÊ × ÌÀÂ×É.
4
Que faut il donc,
þÔÏ ÖÅ ÎÕÖÎÏ
Belle Iris pour vous plaire ?
ðÒÅËÒÁÓÎÁÑ éÒÉÓ, ÞÔÏÂÙ ×ÁÍ ÐÏÎÒÁ×ÉÔØÓÑ?
Faut-il mon sang,
íÏÖÅÔ ÂÙÔØ ÍÏÑ ËÒÏר,
Il est prßt Ò couler.
ÏÎÁ ÇÏÔÏ×Á ÐÒÏÌÉÔØÓÑ.
Mais si mon sang
îÏ ÅÓÌÉ ÍÏÑ ËÒÏר
Ne peut vous satisfaire,
îÅ ÍÏÖÅÔ ×ÁÓ ÕÄÏ×ÌÅÔ×ÏÒÉÔØ,
Faut-il ma mort ?
íÏÖÅÔ ÂÙÔØ, ÍÏÑ ÓÍÅÒÔØ?
Vous n'avez qu'Ò parler.
÷ÁÍ ÎÕÖÎÏ ÔÏÌØËÏ ÓËÁÚÁÔØ.
5
AprÛs ma mort
ðÏÓÌÅ ÍÏÅÊ ÓÍÅÒÔÉ
Vous pleurerez, je jure ;
÷Ù ÚÁÐÌÁÞÅÔÅ, Ñ ËÌÑÎÕÓØ;
Vous m'aimerez,
÷Ù ÍÅÎÑ ÐÏÌÀÂÉÔÅ,
Il n'en sera plus temps.
îÏ ÂÕÄÅÔ ÕÖÅ ÎÅ ×ÒÅÍÑ.
Vous marcherez
÷Ù ÐÒÏÊÄÅÔÅ
Dessus ma sÝpulture
îÁÄ ÍÏÅÊ ÍÏÇÉÌÏÊ
En regrettant
óÏÖÁÌÅÑ
Ce plus fidÛle amant.
ï ÓÁÍÏÍ ×ÅÒÎÏÍ ×ÌÀÂÌÅÎÎÏÍ
6
Prenez mon cøur
÷ÏÚØÍÉÔÅ Íϸ ÓÅÒÄÃÅ
Et n'en aimez point d'autre.
é ÎÅ ÌÀÂÉÔÅ ÎÉËÁËÏÇÏ ÄÒÕÇÏÇÏ.
Il est Ò vous,
ïÎÏ ÄÌÑ ×ÁÓ,
Je ne prÝtends plus rien.
íÎÅ ÏÎÏ ÂÏÌØÛÅ ÎÅ ÎÕÖÎÏ.
Mais si j'apprends
îÏ ÅÓÌÉ Ñ ÕÚÎÁÀ,
Que vous en aimez d'autres
þÔÏ ×Ù ÌÀÂÉÔÅ ÄÒÕÇÏÇÏ
Tout aussit¯t
ôÕÔ ÖÅ
Je reprendrais le mien.
ñ ÚÁÂÅÒÕ Ó×ϸ (ÓÅÒÄÃÅ).
A la Renaissance dÝjÒ
Les six strophes du manuscrit Berssous et les six de l'ouvrage de Tiersot
sur la chanson populaire des Alpes franÞaises n'en ont que quatre en
commun. C'est dire que l'on double Ò huit au total la longueur de la
partie textuelle de la chanson par cette complÝmentaritÝ. Le trÛs
exhaustif commentaire de Tiersot (p. 290 de son ouvrage) mÝrite d'ßtre
citÝ en entier.
"A la lecture de ce morceau, tout le monde se demandera ce qu'une telle
poÝsie de cour vient faire dans ce recueil. Il est incontestable que son
style diffÛre considÝrablement de celui de la poÝsie populaire, et qu'il
atteste une toute diffÝrente origine. Mais il n'est pas moins vrai que la
chanson jouit dans les campagnes franÞaises d'une popularitÝ dont il
serait difficile de dire les causes. M. de Puymaigre l'a recueillie en
Lorraine (II, 187), et, dans les Alpes, j'en ai trouvÝ trois versions,
deux Ò Bessans (Maurienne), une Ò NÝvache (BrianÞonnais) : le texte s'en
est conservÝ partout d'une faÞon trÛs exacte, avec trÛs peu de variantes
entre les versions.
Elle nous fournit une observation plus intÝressante encore : seule de son
espÛce on la trouve Ò la fois dans la tradition populaire et dans l'øuvre
d'un des plus grand maÀtres de l'art musical de la Renaissance. Voici en
effet sur quel texte se chante la premiÛre chanson Ò quatre voix des
Meslanges d'Orlande de Lassus, imprimÝe Ò Paris dÛs 1555 :
Las ! voulez-vous qu'une personne chante
A qui le cøur ne fait que soupirer ?
Laissez chanter celui qui se contente,
Et me laissez mon seul mal endurer.
Il est certain que c'est lÒ le premier couplet (les livres de chansons
polyphoniques n'en donnent jamais davantage) de la chanson devenue
populaire, et, je le rÝpÛte, le cas, jusqu'ici, est unique. En tout cas il
est intÝressant de constater que les vers d'une chanson qu'on chantait Ò
Paris au milieu du XVIÛme siÛcle se retrouvent encore aujourd'hui dans la
mÝmoire des paysans des vallÝes les plus reculÝes des Alpes.
La mÝlodie populaire diffÛre assez notablement du thÛme traitÝ par Roland
de Lassus : cependant la tonalitÝ, la mesure et la forme gÝnÝrale sont
presque semblables, et il se pourrait bien que l'une et l'autre
dÝrivassent d'un type commun. Voir lÒ-dessus l'Ýtude plus dÝtaillÝe que
j'ai publiÝe dans le MÝnestrel du 12 janvier 1896".
Dans les versions de Bessans s'ajoutent en finale quatre vers qui, selon
Tiersot, sont aussi les variants d'une chanson dauphinoise et savoyarde
trÛs populaire, notamment en Chablais, mais aussi sur un air diffÝrent :
DerriÛre chez nous y-a-t-un' haute montagne ;
Moi mon amant, nous la montons souvent
En la montant, hÝlas ! qu'il y a de la peine !
En descendant, y a du soulagement.
Cette rÝfÝrence au contexte montagneux, n'est pas associÝe en mßme
complÝment Ò la version du chansonnier Berssous. Curieux et en tout cas
indicatif pour qui voudrait traquer les origines, migrations de cette
chanson et mutations de ce patrimoine apparentÝ.
Car Servettaz est lui aussi intriguÝ que cette toute autre chanson
(d'ailleurs titrÝe DerriÛre chez nous il y a-t-une montagne) ait tendance,
"par suite d'un amalgame assez curieux", Ò prßter ses strophes Ò une non
moins populaire chanson de Savoie "ChÛre EugÝnie tu dors bien Ò ton aise".
Et Tiersot trouve encore que tel couplet ou timbre du Mal d'amour
s'amalgame ou interfÛre de plus avec elle. Les deux ethnomusicologues
relÛvent chacun quelque ressemblance rythmique, voire mÝlodique, assez
normale dans la mesure o∙ des quatrains enchaÀnent vers de 11 et 10
syllabes, comme si, en consÝquence, les timbres pouvaient, devenus
interchangeables en demeurant dans l'esprit de la musique et des textes de
l'Ýpoque, quasi servir de vaudevilles ou ßtre groupÝs en pot-pourris.
Servettaz donne d'ailleurs sur l'air de Comment vouloirå sa chanson n░37
du Jardin d'amour qui brode, Ò peine diffÝremment, sur le mßme thÛme.
Quitte Ò compliquer, mais afin de mieux Ýtoffer la problÝmatique nous
reproduisons, aprÛs la partie musicale Ò variante textuelle (et commentÝe)
de Tiersot, les deux diffÝrentes partitions collectÝes par Servettaz(1) Ò
HabÛre-Lullin et Ò Abondance : leur derniÛre strophe peut mßme devenir la
neuviÛme Ò ajouter au tout. Ces paroles, en 1908, Ýtaient dÝjÒ tirÝes d'un
vieux manuscrit communiquÝ Ò Cl. Servettaz par M. J. Simond.
Dans le texte qui comporte un dialogue, selon la place o∙ est introduite
la strophe de rÝponse de l'amante implorÝe, l'esprit de la conclusion
change un peu le titre Ò donner Ò la chanson, que Servettaz, lui, intitule
par exemple Les malheurs d'une fille, Tiersot se contentant par contre de
l'incipit.
DOCUMENTS
Comment vouloir qu'une personne chante, extrait musical tirÝ de Anthologie
de la chanson franÞaise, La tradition, Cd n░1, 16, production EPM :
cliquez ici pour Ýcouter.
Extrait de Chansons populaires recueillies dans les alpes franÞaises par
J. Tiersot, Librairies dauphinoise et savoyarde,Grenoble et Mo√tiers,
1903, chapitre IV,Les chansons d'amour, p. 289-290.
COMMENT VOULOIR QU'UNE PERSONNE CHANTE ?
2 Comment vouloir qu'une personne chante
Quand ell' n'a pas son cøur en libertÝ ?
Laissez chanter ceux que l'amour contente,
Et laissez moi dans mon malheur pleurer !
5 Pleurez, mes yeux, pleurez mon sort funeste :
J'ai tout perdu en perdant mon Iris.
Cruel destin, prenez ce qui me reste,
Et rendez moi ce que vous m'avez pris.
9 Prenez mon cøur et donnez-moi le v¯tre :
Il est Ò vous, je n'en prÝtends plus rien ;
Mais si j'apprends que vous aimez un autre,
Tout aussit¯t je reprendrai le mien.
13 J'avais jurÝ de n'aimer qu'une fille ;
J'avais jurÝ de la toujours aimer ;
Quand je la vois, je passe mon martyre ;
Quand je la vois, je passe mon tourment.
17 Que faudra-t-il, belle Iris, pour vous plaire ?
Faut-il mon sang ? Il est prßt Ò couler.
Mais si mon sang ne peut vous satisfaire,
Faut-il ma mort ? Vous n'avez qu'Ò parler.
21 AprÛs ma mort, vous pleurerez, je jure ;
Vous m'aimerez, ce ne sera plus temps.
Vous marcherez dessus ma sÝpulture
En regrettant le plus fidÛle amant.
Var.
1 Comment vouloirå
2 Lorsqu'ell' n'a pas son cøurå
5. Pleurez, enfantså
9-12 Ce couplet n'existe que dans les version Bess. Il est dernier
dans la version lorraine de Puymaigre.
13-16 Ce couplet n'existe que dans la version NÝv.
18-22 Ces vers sont dÝlayÝs dans la version NÝv., non sans
incohÝrence.
21 åå. Vous m'aimerezå. La version Nev. introduit Ò la suite les
trois couplets donnÝs ci-dessus de la chanson du Mal d'amour, qui
n'ont de commun que le rythme des vers avec la prÝsente chanson,
mais en diffÛrent essentiellement pour le sentiment, l'expression,
le sujet mßme.
Les versions Bess. donnent elles-mßmes Ò la fin les quatre vers
suivants :
LÒ-bas chez nous y a un jardin de rose
O∙ les amants en vont cueillir souvent :
Mais en allant y a beaucoup de peine :
En revenant, y a du soulagement . (2)
(1) Cl. Servettaz, Chansons rustiques savoyardes, extrait de R.S. 1908, p.
230.
(2) Les vers sont peu diffÝrents des chablaisiens de l'autre chanson
populaire ÝvoquÝe ci-dessus dans le commentaire.
(suivante)
i
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